Le retour de l’inflation, une mauvaise nouvelle pour l’épargnant
Souvent lorsque on évoque l’inflation, on pense à la hausse des prix à la consommation. On oublie trop souvent que la première cause d’inflation est la création de monnaie par les banques centrales pour financer les déficits budgétaires des états. Lorsqu’il y a une crise les états s’endettent pour soutenir leur économie. Ainsi la quantité de monnaie en circulation dans le monde suite aux dernières crises a fait un bond spectaculaire. Quand la masse monaitaire en circulation augmente elle est souvent utilisée pour acheter des actifs.
Or comme les actifs sont en nombre limité, cela fait monter mécaniquement leur prix. C’est ce que l’on a constaté depuis la crise de 2008 : les valorisations des entreprises notamment américaines se sont envolées.

L’inflation, mauvaise nouvelle pour l’épargnant
Jusqu’à aujourd’hui, la création de monnaie des banques centrales a provoqué une hausse des actions, mais pas de l’inflation qui normalement aurait dû repartir en même temps.

Pourquoi l’inflation n’est pas repartie alors que l’on avait une croissance forte de la monnaie en circulation ? Tout simplement parce que les personnes ont stocké l’argent en épargnant plutôt que de le consommer. Plus la masse monétaire circule vite (consommation) et plus les prix montent : une production de biens qui augmente entraine une demande de matières premières (énergie pour produire, transporter, métaux, semi-conducteurs etc…). Cette demande forte de matières premières tirent les prix des biens de consommation vers le haut alimentant l’inflation.

Aujourd’hui la vitesse de circulation de la monnaie est historiquement basse… alors que le taux d’épargne des ménages est historiquement élevé. Avec les confinements et les restrictions depuis le début de l’hiver, la consommation va certainement s’accélèrer au deuxième semestre 2021. Il est donc probable que cela devra conduire à une hausse des prix, et donc de l’inflation pour les ménages.

Cependant l’inflation n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde : c’est une bonne nouvelle pour les états endettés dans un contexte de taux bas. C’est en effet le meilleur moyen pour effacer la dette publique : l’état emprunte 100 aujourd’hui qu’il remboursera 80 demain grâce à l’inflation.

En revanche, c’est une mauvaise nouvelle pour l’épargnant car celle-ci impacte négativement la valeur de la monnaie. En effet, c’est la rareté qui a de la valeur. Mais ce que l’on peut obtenir rapidement, sans effort et en nombre illimité ne vaut pas grand chose. Et c’est ce qui se passe avec les banques centrales et le déversement d’argent à taux zéro.

Où placer votre épargne ?
Si l’on se projette sur un avenir proche, il est fort probable que l’inflation augmente de manièrevmesurée. Les épargnants qui possèdent des fonds placés sur des livrets défiscalisés, des placementsvobligataires à capital garanti vont perdre de l’argent. Le seul moyen de préserver son capital dans la période qui s’annonce, sera d’investir dans des entreprises qui auront la capacité de faire croitre leur bénéfice car c’est la croissance des bénéfices à long terme qui constitue le moteur de la performance boursière.

Le 15 août 2021 marquera le 50ème anniversaire de la fin de la convertibilité du dollar en or, ce qui a entrainé une dépréciation continue du dollar et une poussée inflationniste (aussi aggravée par les chocs pétroliers). L’envolée des dettes publiques et de la création monétaire en 2020 risque certainement de faire évoluer le point de vue consensuel des intervenants de marché sur la poursuite d’une faible inflation. Nous entrons ainsi dans un monde où il va falloir de nouveau compter avec le retour de l’inflation et adapter ses stratégies d’investissements. Dans la période inflationniste qui s’annonce les perdants seront ceux qui ne s’adapterons pas.