En 2020 c’est la province et non l’Île-de-France qui a tiré le marché immobilier.
Les notaires ont publié le bilan de l’année 2020 : malgré la crise sanitaire et les confinements, le marché immobilier est resté très dynamique.
Les résultats du quatrième trimestre confirment que le marché immobilier est résiliant. Cependant les notaires constatent un fait nouveau : ce n’est pas l’Île-de-France qui a tiré le marché immobilier l’année dernière mais plutôt la province. Le nombre de ventes de logements anciens a chuté de 12 % en Île-de-France alors qu’à Paris intra-muros les prix ont marqué une pause.

Le ralentissement semble se confirmer et les prix des appartements anciens amorceraient un mouvement baissier passant de 10 850 € par mètre carré en novembre 2020 à 10 600 euros par mètre carré en avril 2021. Un atterrissage en douceur qui pourrait affecter aussi les petite et grande couronnes parisiennes dans les prochains mois.
Le développement du télétravail rend très attractive les villes situés à une ou deux heures de Paris. Ces villes connaissent une hausse des prix, comme c’est le cas par exemple à Angers (+4%) Nantes (+5%) et Rennes(+9%). A moins de 2 heures en train de la capitale, en plus de l’aflux de population, elles connaissent un développement économique et ont une qualité de vie qui dynamisent le marché immobilier.
Le besoin de mètres carrés supplémentaires et d’espaces verts impacte actuellement le marché parisien. Les familles cherche à gagner de l’espace en partant en proche banlieue ou en province.
Le but notamment avec le travail chez soi est d’avoir une pièce supplémentaire qui, isolée du reste du logement, devient incontournable pour travailler sereinement. Sont plébiscités les maisons avec jardin ou les appartements avec des espaces sur l’extérieur tel que balcons ou terrasses.

En province la quasi-totalité des prix médians sont en hausse, une tendance qui se généralise également pour les maisons. Les agglomérations de Marseille Aix-en-Provence Montpellier Pau voient une augmentation des prix au mètre carré entre 6 et 9 %. Même Saint-Étienne longtemps lanterne rouge du classement voit ses prix monter de 14 % sur le dernier trimestre 2020.
Cependant il semble que cette hausse ne serait pas généralisée à l’ensemble du territoire. Les prix des appartements s’orientent franchement à la baisse à Bordeaux (-5%) alors qu’elle se maintient dans d’autres villes, telles que Nantes, Montpellier, Caen, Rouen, Grenoble et Toulouse.

La faiblesse des taux d’intérêts atteint aussi sa limite car ceux-ci semblent avoir atteint un point bas qui pourrait signifier un renchérissement de l’acquisition immobilière. La situation parisienne ne constituerait donc pas forcément un cas isolé ; la pression des prix dans d’autres agglomérations pourrait aussi pousser leurs habitants vers l’extérieur encouragés par une envie de qualité de vie plus conforme aux nouvelles attentes.
Le télétravail encouragé par les pouvoirs publics rend beaucoup de choses possibles et notamment la réorientation géographique, conséquence de la crise sanitaire . Cela pourrait contribuer à une baisse du marché et des prix dans les centres des grandes métropoles devenues de moins en moins accessibles aux classes moyennes, après des années de hausses successives du prix de l’immobilier. En redécouvrant la qualité de vie de certaines villes moyennes et leur centre-ville, les habitants des grandes agglomérations soucieux de leur qualité de vie, vont engendrer un mouvement de rattrapage conséquent des prix provinciaux.